«Happy New Year» contient cinq histoires mais un seul thème: la quête d'amour

Dans quelques heures, tout le monde se souhaitera une merveilleuse année. Pour Gloria, épouse bourgeoise délaissée, et Kaspar, jeune chauffeur de taxi plaqué par sa copine, ce sera tout seul, a priori. L'adolescente Zoe sera avec sa mère alcoolique, à moins qu'elle ne la laisse seule pour rejoindre sa meilleure amie. Herbert et Anne-Marie, eux, se querelleront certainement, commetout au long de leurs quarante ans de mariage, pour se rabibocher juste après. Vieux garçon, Pascal se réjouit lui de passer sa soirée à construire des modèles réduits, sauf si la garde de sa petite voisine Karin s'éternise. Quant à Nina et Oliver, le passage à la nouvelle année se fera sous l'exercice de leur fonction de policiers...

Soit cinq histoires entrecroisées, placées sous le signe de l'amour perdu ou retrouvé. Des personnages universels dans un espace urbain qui pourrait être Genève comme Paris ou Zurich, où le film se déroule. Christoph Schaub signe un émouvant film choral aux protagonistes pas toujours forcément attachants mais que l'on comprend fatalement, chassé-croisé de leurs solitudes, de leurs nostalgies et de leurs désirs dans une ville où chacun se sent trop anonyme.

Après son beau documentaire Bird's Nest - Herzog et De Meuron in China, l'auteur zurichois de Jeune homme renoue avec la fiction avec rigueur et poésie. Sa caméra, par moments maladroite, est légère, émue par les individus qu'elle croise. Sa mise en scène étire le temps au-delà des coups de minuit. Happy New Year n'est sans doute pas une révolution dans un genre souvent pratiqué en Italie et en France, mais son originalité fait mouche dans un paysage suisse plus frileux, si l'on excepte les tentatives de La Vraie vie est ailleurs (Frédéric Choffat) et Schwarze Schafe (Oliver Rihs), il y a deux ans.

Happy New Year, de Christoph Schaub (Suisse 2008), avec Jörg Schneider, Irene Fritschi, Denise Virieux, Nils Althaus, Bruno Cathomas. 1h25.