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Le chat et la souris

Machiavel, assurément, aurait apprécié. Dans le tous-ménages envoyé il y a quelques jours aux résidents du pays, l’Union suisse des arts et métiers ne lésine pas sur les moyens. Objectif: convaincre les votants de refuser «le nouvel impôt Billag sur les médias». Au-delà de termes forts – «arnaque» en tête – ce sont les images qui marquent. En une, une main coincée dans un piège à souris estampillé Billag, les doigts coupés et marqués d’ecchymoses. Les vilains voulaient attraper un billet de 10 et un de 50. Le message est clair: les concepteurs de cette nouvelle redevance sont désignés comme des monstres cruels, le peuple comme un pigeon, ou une souris traquée. Plus loin, un bébé chat pose gentiment sa minuscule patte sur la paume de la main humaine qui le nourrit au biberon. Scène attachante, commentaire sans appel: «Le nouvel impôt menace un refuge pour animaux». Acceptez-le et vous condamnez de mignons chatons, puisque leur foyer, soumis à la taxe, ne sera plus capable de leur prodiguer les meilleurs soins, explique le texte à ceux qui n’auraient pas fait le lien. Cette campagne s’adresse clairement au cœur – voire à l’estomac – plutôt qu’au cerveau, qu’il s’agisse de sang ou d’un animal nouveau-né. C’est primaire, reste à voir si cela sera efficace.