Qui pour l’inclure dans le «top ten» des accordéoneux irradiants du moment? L’Alsacien Marcel Loeffler reste ce secret trop bien gardé du piano à bretelles, qu’à chaque disque on croit sur le point d’accéder à une notoriété planétaire sans cesse différée. Secrets le bien nommé suscitera, on s’y est 
résigné, la même indifférence des masses et le même engouement gourmand des aficionados. Loeffler y affine encore ce qu’on appellerait chez d’autres un sens du décloisonnement, et qui est chez lui un peu plus que cela: l’art d’une mise à plat totale du répertoire, au sens où sont balayées, au profit d’un élan d’embrassade fraternelle, les notions rances de hiérarchisation et de compartimentage. Jamais on n’aura senti comme ici l’air de famille qui peut relier 
entre eux Piazzolla, Jaco Pastorius, Georges Ulmer ou Bach (Carl Emmanuel).

Marcel Loeffler, «Secrets»
(Frémeaux/Musicora)