A La Chaux-de-Fonds, le temps s’écoulerait-il différemment? C’est en tout cas le pari que fait un nouveau festival littéraire, Mille fois le temps, clin d’œil à l’histoire horlogère de la ville autant qu’invitation à le prendre, ce temps qui trop souvent fuit, et à le démultiplier. «Mille», parce que la ville du canton de Neuchâtel a été bâtie à cette altitude, et parce que ce chiffre évoque la littérature et les contes des Mille et Une Nuits.

Pour sa première édition, la manifestation investit bibliothèques, librairie, écoles, centre culturel, théâtre et cinéma, et même le zoo du Bois du Petit-Château, point de départ d’une balade littéraire avec l’auteure Julie Guinand, samedi à 14h.

Lire aussi: Morges, la ville où se joue l’avenir des écrivains

La programmation réunit des auteurs romands (Roland Buti, Antoinette Rychner et Julie Guinand), français (Claudie Hunzinger, Joël Baqué et Luc Lang), belge (l’auteure et illustratrice pour la jeunesse Mélanie Rutten), sans oublier, de nationalité anglaise, italienne et suisse, Gabriella Zalapi. Huit écrivains au total, mais aussi des comédiens, des musiciens ainsi que la cinéaste Rachel Noël qui présentera Couvre-feu, le film-essai qu’elle est en train de monter sur la romancière Monique Saint-Hélier (au cinéma ABC, dimanche à 11h).

Le programme allie découvertes et noms susceptibles d’attirer un large public. La soirée d’ouverture, ce vendredi, verra l’acteur Roland Vouilloz lire La mer c’est rien du tout de Joël Baqué, au Club 44 à 20h15. La soirée de clôture, dimanche à L’Heure bleue dès 18h15, offre une carte blanche à Sandrine Bonnaire et Erik Truffaz, pour une lecture en musique inédite de La Clameur des lucioles, de Joël Bastard.

A taille humaine

En outre, le festival permet à un auteur qui ne connaît pas la ville de s’y immerger pendant un mois pour écrire. Cette résidence a été attribuée pour cette première édition à Joël Baqué, romancier et poète né à Béziers, dans l’Hérault, et vivant à Nice, auteur notamment du roman L’Arbre d’obéissance (P.O.L). Il loge dans l’ancien appartement de l’écrivain Yves Velan, que ce dernier avait légué à la ville à sa disparition, en juin 2017.

Pour se différencier des salons, Mille fois le temps ne multiplie pas les séances de dédicace mais privilégie des rencontres à taille humaine. «Nous avions envie d’organiser ce festival ici, parce que cette ville est incroyable architecturalement, riche de toute une vie associative et culturelle, et les gens sont tellement accueillants!» explique Marie-Joëlle Pedretti, programmatrice de ce nouveau rendez-vous avec sa collègue Anne Pellaton.

Le festival reflète les goûts de ses deux fondatrices, qui ont toutes deux travaillé pour le Centre culturel suisse de Paris. Marie-Joëlle Pedretti, originaire de Porrentruy, vit à Paris; Anne Pellaton a fait sa scolarité à La Chaux-de-Fonds et réside à Bruxelles. Les deux femmes espèrent voir Mille fois le temps se renouveler chaque année. Cette première édition aura valeur de test.