«Le règne des femmes? On en est bien loin! Aux Etats-Unis sans doute l’évolution est plus rapide dans le monde économique. En revanche, sur le plan politique, je trouve la Suisse très avancée. Il est désormais acquis qu’une majorité de femmes puisse siéger au Conseil fédéral. Et elles ne sont plus jugées comme des femmes, mais en tant que politiciens comme les autres.

»La gouvernance féminine, oui, ça existe. Dans les années 90, quand je dirigeais ma propre entreprise, NatSoft, je ne prenais mes décisions qu’après avoir convoqué l’équipe de direction autour d’une table. Je suis toujours convaincue que cette méthode participative est plus féconde que de décider tout seul dans son bureau et de devoir ensuite convaincre les collaborateurs un par un.

»La businesswoman dispose aussi d’un atout insoupçonné: selon moi elle peut exister autrement que par son travail. Regardez ces hommes prisonniers de leur job, parce qu’ils n’existent que par leur titre! A l’inverse l’identité féminine est multiple et dépasse ce cadre rigide. Cela vous octroie une certaine liberté. Pour ma part, dans les conseils d’administration où je siège, je ne me gêne pas de dire que le roi est nu, et on m’apprécie aussi pour cela.

»Les hommes ont la chance de pouvoir avoir un travail, une famille, des hobbies, etc. Une femme doit faire des choix drastiques: le travail et les enfants, c’est le maximum! Pour ma part, quand je gérais NatSoft, je travaillais tous les jours jusqu’à 22 heures, quand je ne partais pas en voyage. On n’a pas le choix que d’être hyper bien organisée.»