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Le chemin de Philippe Denis

Il était, et reste sûrement, de tous les poètes français qui comptent, le plus mal connu du grand public. Pourtant, Philippe Denis mérite la reconnaissance

Il était, et reste sûrement, malgré tout, de tous les poètes français qui comptent, le plus mal connu du grand public. Pourtant, pas un des poètes d’importance des cinquante dernières années ne l’a ignoré. André du Bouchet l’introduisit à la revue L’Ephémère, Jacques Dupin persuada Miró d’illustrer un de ses recueils, Yves Bonnefoy en préfaça un autre. Tal Coat, Miklos Bokor et Gisèle Celan-Lestrange ne dédaignèrent pas non plus d’illustrer tel ou tel de ses recueils.

Aujourd’hui, à 70 ans, un hommage lui est – enfin! – rendu, sous la forme d’un très beau volume de la revue L’Etrangère né par la volonté et par les soins d’Alain Mascarou, de Christine Dupouy et de Fabrice Schurmans qui tous trois, à côté d’autres, y proposent des pages éclairantes et amicales.
Il était temps. Philippe Denis mérite la reconnaissance, mérite qu’on le lise, qu’on parle de lui.

Ce «passant considérable», comme Mallarmé disait en parlant de Rimbaud, et dont la discrétion n’a d’égale que l’éclat de sa parole, a su, comme aucun autre, demander à la poésie de lui donner la force d’un cheminement qui, de Cahier d’ombres, en 1974, jusqu’à Si cela peut s’appeler quelque chose en 2014, et même à des poèmes plus récents (comme ceux publiés dans cette revue), trace un parcours que tous ceux pour qui la poésie cherche à dire l’essentiel d’une existence savent compter parmi les plus importants.


«L’Etrangère No 45, Philippe Denis, une libre infortune», 180 p. 

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