C'était tout à la fois un érudit, un intellectuel, un curieux, un conteur. Umberto Eco est décédé vendredi à l'âge de 84 ans, ont indiqué les médias italiens dans la nuit. On peut par exemple lire l'hommage de la Repubblica à «l'homme qui savait tout».

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Son roman le plus célèbre reste «Le Nom de la rose», publié en 1980. Huit ans plus tard, il donnait «Le Pendule de Foucault». Ses dernières œuvres de fiction ont été «Le Cimetière de Prague», en 2010, et l'année passée, «Numéro Zéro».

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Ses deux derniers romans sont marqués par les théories du complot, sur lesquelles il adorait se pencher: «Chercher un ennemi est une tendance universelle», disait-il au «Temps» dans une interview en 2014. Il ajoutait à propos de cette soif adversité: «C’est une tendance biologique universelle, comme le sexe ou la mort. On la retrouve partout. Chez les Grecs tout d’abord, qui ont inventé le «Barbare», étranger frustre et dépourvu de langage, qui bégaye des onomatopées («bar-bar»). Elle dit la méfiance envers ce qui est différent de nous. Cette différence, on peut en faire deux choses: soit elle ne nous dérange pas et nous laissons l’étranger en paix. Soit elle nous dérange et alors nous construisons l’autre comme menaçant.»

Au cœur de la nuit, les réseaux ont vite bruissé d'adieux souvent émus, ou malicieux.

Comme peu d'autres figures européennes, Umberto Eco a réussi à allier ses passions exigeantes – sémiologie, philosophie, épistémologie, histoire – et le goût du romanesque. Chercheur et narrateur, explorateur des idées et grand-père populaire.

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