Ecuyer d’exception, metteur en scène, chorégraphe, Bartabas a inventé une forme inédite de spectacle vivant: le théâtre équestre. On se souvient d’Elégies, qui évoquait le génocide, le sentiment religieux, l’autodafé, de Calacas, qui frayait avec la désolation des hommes soumis à la violence des Etats, de Caravage, moment d’intimité à l’aube entre homme et animal. Et tant d’autres de l’aventure Zingaro (nom de la compagnie), du fort d’Aubervilliers à Istanbul, en passant par Tokyo, New York, Moscou, Avenches.

Bartabas a écrit D’un cheval l’autre en hommage à ses frères d’âmes, ceux qui durant quarante années ont été en piste, poètes à ses côtés, tout en cavalcades, souffles, silences et pitreries. Ils s’appellent Quinoxe, Lautrec, Soutine, Micha Figa, Angelo, Dolaci, Horizonte, etc. Il les aime tous mais préfère ceux au passé douloureux, les sans-robe, ceux voués à la boucherie comme les criollos argentins, noirs et blancs, qu’il a sauvés in extremis.