Avec vingt-cinq ans d'expérience, Léonard Gianadda a toujours plusieurs expositions sur le feu. Il n'a plus l'angoisse de la programmation. Ou plutôt, si. Il craint de devoir refuser une belle proposition parce que son planning l'en empêche. Cela a failli arriver avec la collection Phillips (une belle moisson de chefs-d'œuvre, de Cézanne à Courbet, Monet, Picasso, Klee et d'autres), qu'on lui proposait à date fixe. Heureusement, ses bonnes relations avec les conservateurs russes lui ont permis de repousser l'exposition Chagall et les avant-gardes qui était programmée fin 2003.

Au début, Gianadda ne faisait pas partie du monde des arts. Il a réussi à s'y créer un réseau d'amitiés qui lui permet de faire face à des situations périlleuses. Cet été, il avait prévu une exposition Giacometti qu'il a dû annuler. Il en a parlé avec Françoise Cachin, ancienne directrice du Musée d'Orsay puis des Musées de France. «Elle a dit: d'accord, explique-t-il. Avec elle, les choses étaient possibles dans un court laps de temps, elle connaît le sujet par cœur, elle sait où sont situées les œuvres, et Signac était son grand-père.» Une exposition préparée en un temps record, puisque la décision a été prise en novembre dernier.

Depuis vingt-cinq ans, la Fondation a accueilli des millions de visiteurs. Est-ce difficile à gérer? «En général non, dit Léonard Gianadda, même pour des expositions qui attirent entre 100 000 et 300 000 personnes. Le problème, c'est la météo. Quand il pleut, et qu'il y a une grande affluence, les gens ne vont pas dans le parc. Il y a eu parfois une saturation avec 6500 visiteurs par jour. Mais une dizaine de fois en un quart de siècle. L'idéal, c'est de venir quand il ne pleut pas.»