Nicolas Party se lave les mains sans cesse. Et ce n’est pas en raison du nouveau coronavirus. Quand on travaille le pastel, comme lui, il faut prendre ses précautions. «Si je ne les lave pas, j’en mets sur tout ce que je touche», sourit l’artiste en refermant le robinet de son atelier new-yorkais. Situé à Red Hook, quartier industriel de Brooklyn reconverti en friche artistique, son repaire est un grand cabinet de curiosités, reflet de l’esprit touche-à-tout de ce Vaudois très coté. Ancien élève de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL), le gamin de Villette est l’un des artistes suisses les plus en vue à l’international. Exposé dans plusieurs grandes galeries et musées européens, asiatiques et américains, il est devenu, en juin 2019, à 39 ans, l’une des plus jeunes recrues de la prestigieuse galerie suisse Hauser & Wirth.

Il l’a rejointe en même temps qu’Amy Sherald – qui a signé le portrait de l’ex-première dame Michelle Obama, exposé à la National Portrait Gallery de Washington – et d’autres artistes internationaux de renom. Celui que la presse et les collectionneurs qualifient d'«étoile montante» fait le modeste: «C’est sûr que ça fait plaisir. Personne n’aime être décrit comme une étoile descendante», plaisante-t-il, assis sur un sofa en survêtement noir. «J’ai beaucoup de chance. Il n’y a pas grand-chose de négatif dans les projets qu’on me propose en ce moment.»