Avec le 5e, son étage virtuel, le Centre d’art contemporain Genève a su se doter d’une extension numérique pointue qui lui permet d’assurer une certaine continuité de ses activités artistiques, et ce malgré les aléas qui frappent le secteur culturel depuis maintenant un an. De fait, rarement exposition aura eu si peu de chance: coincée entre deux confinements, la rétrospective des œuvres de Chiara Fumai n’avait pas ouvert qu’elle dut refermer définitivement ses portes fin 2020. C’est donc en virtuel qu’on peut désormais expérimenter l’énergie révoltée de cette artiste italienne, dont le suicide à l’âge de 39 ans a brutalement interrompu une carrière fulgurante.

Ce parcours commence par un étonnant portrait vidéo commandité à la jeune artiste Sofia Kouloukouri, qui rend hommage à son aînée en lui empruntant ses obsessions, ses formes et ses démarches. L’exposition se visite grâce à une numérisation 3D qui permet de passer de salle en salle, de zoomer sur les œuvres, de cliquer sur les cartels et même de visionner un extrait de chacun des films présentés, donnant lieu à un parcours relativement riche à défaut d’être physique.