Le chic de Felicity Lott

La soprano britannique a ému le public, jeudi soir aux Athénéennes

A 68 ans, Dame Felicity Lott n’a rien perdu de son chic (éminemment british) et de sa simplicité! Jeudi soir, elle donnait un concert au festival Les Athénéennes à Genève. Les aficionados de la cantatrice s’étaient donné rendez-vous dans la salle qui se déploie en un sous-sol, pourvu d’un haut plafond et de quatre colonnes qui confèrent un climat intimiste à ce lieu.

Le concert, très original dans sa conception, associait la soprano anglaise à de jeunes musiciens. A ce stade de sa carrière, la voix bouge un peu, naturellement (vibrato), mais quelle maîtrise! Accompagnée par le pianiste Emmanuel Christien, Dame Felicity Lott insuffle un air de fraîcheur à deux mélodies délicieusement surannées de Reynaldo Hahn. Après Morgen de Strauss, elle enchaîne avec la Chausson perpétuelle de Chausson, où elle parvient à suggérer la nostalgie du brasier amoureux (tout en restant très digne), puis chante Offenbach. Sa façon de former les mots dans une langue qui n’est pas la sienne, le français, demeure étonnante. Une parenthèse dédiée au tango permet de goûter à l’art de l’accordéoniste Aude Giuliano puis à la fougue ravageuse du clarinettiste Florent Pujuila dans le Libertango de Piazzolla!

Après l’entracte, les jeunes musiciens de l’Arties Chamber Orchestra – doués et habités – s’installent pour jouer une version de chambre (signée Klaus Simon) de la 4e Symphonie de Mahler. Cet arrangement est très réussi dans la mesure où il permet d’apprécier toutes les subtilités de l’œuvre, mêlant tendresse et ironie grinçante. Dame Felicity Lott chante avec ferveur le finale. Sa justesse, sa simplicité, l’éclat de ses yeux au sein des jeunes musiciens en font un moment très émouvant. Ce concert, qui aura duré près de trois heures avec entracte, restera gravé dans la mémoire de ceux qui y étaient.