«Tout le monde m’a dit que c’était un mauvais titre», lançait Lucy Kirkwood il y a quelques semaines à Lille, au festival Séries Mania. La créatrice de Chimerica a tenu bon. Le mot-valise façonné par les historiens et économistes Niall Ferguson and Moritz Schularick, contraction de «China» et «America», baptise bien ce qui fut sa pièce de théâtre, en 2013, puis une mini-série en quatre chapitres, montrée ces jours par Canal+.

Le 5 juin 1989, après des semaines de protestation populaire, l’armée chinoise intensifie sa répression entamée la veille. Dans leurs chambres d’hôtel qui donnent sur la place Tiananmen, plusieurs photographes saisissent cet instant historique, l’homme au char d’assaut (le «Tank Man») qui, avec ses petits sacs de courses blancs, se plante devant l’ogre à canon.