D’énormes artichauts métalliques aux allures de chars blindés gisent sur une place publique au pied d’un bâtiment. Au loin, deux longues cheminées tronquées se dressent dans un ciel de suie. A leurs pieds, une locomotive à vapeur promène un drôle de panache de fumée en forme de grenade. Mélancolie d’un après-midi a été peinte durant l’hiver 1913, au même moment que L’Incertitude du poète représentant un buste féminin réduit à un torse nu, sans tête, ni bras, figuré de trois quarts.

Etrangement contorsionné face au spectateur, il laisse apparaître la poitrine mais dissimule le sexe. Au niveau du pubis, glabre et froid, repose un régiment de bananes jaunes et charnues. Sur le côté droit de la toile, l’artiste a figuré les arcades d’un bâtiment plongées dans l’ombre. En arrière-plan dans le soleil couchant, derrière un mur de briques, surgit un mât de bateau et, à nouveau, un long panache blanc glissant au-dessus d’un train.