Christophe Chabouté. Construire un feu. Vents d'Ouest. 64 p

On n'en finit pas de se confirmer dans l'idée que Jack London est un grand, trop longtemps remisé dans la seule littérature pour la jeunesse. Les Editions Vents d'Ouest rééditent Construire un feu, une longue nouvelle dont il existe deux versions, l'une pour le jeune public, l'autre pour les adultes. La différence? Dans la première, le héros, un homme égaré dans le froid du Grand Nord, est sauvé in extremis; dans la seconde, il meurt. On aura compris qu'il ne faut pas désespérer les petits enfants en leur disant trop vite que nous sommes mortels. Le récit est écrit du point de vue d'un observateur froid et sarcastique, qui assiste en direct à l'inéluctable, l'extinction du feu si péniblement allumé, les doigts qui gèlent un par un, l'engourdissement final auprès d'un chien qui, lui, survit. C'est un texte beau et fort.

Le traitement BD de Chabouté est fidèle à l'esprit de London.

Tout l'album commence et finit sur le noir et blanc qui s'impose, avec de la couleur au moment du feu. C'est très réussi et tout à fait glaçant vu les circonstances.