La scène a, sur les êtres timides, cet effet paradoxal qu’elle éclaire leurs failles presque autant qu’elle les dissimule. Regardez Chris. L’après-midi, elle trépigne dans le préfabriqué climatisé qui lui sert de loge. Ses danseurs jouent au Uno devant une porte où la fin du nom Christine and The Queens est barré. Chris a un corps minuscule, très sec, qu’elle agite dans tous les sens – ses mains surtout, lorsqu’elle parle de Fernando Pessoa. Elle regarde dans les yeux, très droit, comme si le monde lui-même était un mur qu’il fallait culbuter.