Christian Boltanski est formel, le confinement, il a détesté. «C’était comme de longues vacances à la campagne, or j’ai horreur de la campagne et j’ai horreur des vacances!» Mais à partir du mois de juin, il a beaucoup travaillé, dit-il, réalisé deux films, créé une œuvre, développé des idées, même si rien n’est directement lié au confinement. Ce climat étrange et la présence palpable de la mort l’ont néanmoins indirectement inspiré. Le voici savourant sa présence à Images Vevey puisque, en grand voyageur qu’il est, l’impossibilité de parcourir le monde lui pèse. «J’avais des projets au Japon, au Brésil et à Moscou et tout a été annulé…»

Dans le cadre de la biennale lémanique, Christian Boltanski investit la belle Salle del Castillo avec une pièce, Chance, créée à Venise en 2011. Du haut de ses 76 ans, justement fêtés durant son séjour veveysan, l’artiste français est sans conteste la star du festival. Voilà plus de soixante ans qu’il est actif, d’abord peintre, puis plasticien, photographe, vidéaste. «Son œuvre s’est métamorphosée au cours des années 1980, lorsque l’artiste, délaissant le goût des archives et des inventaires qui l’avaient fait connaître comme l’une des figures majeures d’un art de la mémoire, commença de développer en de vastes installations et dispositifs une œuvre en forme de leçons de ténèbres et de méditation sur la mort», résumait il y a une année Bernard Blistène, commissaire d’une grande rétrospective au Centre Pompidou.