Publiée en allemand en 1995, la synthèse sur l'Athènes hellénistique (d'Alexandre le Grand à Marc Antoine) de Christian Habicht vient d'être traduite. Si l'on ne compte plus les études sur l'Athènes classique, passée la bataille de Chéronée en 338 av. J.-C., l'histoire athénienne n'a guère suscité, chez les modernes, qu'une attention réduite. C'est qu'une démocratie triomphante est plus intéressante qu'une démocratie défaite. Significativement, après cette date, l'intérêt se portait sur l'histoire des grandes monarchies. C'est justement ce postulat d'une cité grecque s'éteignant à Chéronée que Habicht remet en cause. L'étude attentive du corpus en perpétuel accroissement des inscriptions hellénistiques conduit l'auteur à reconstruire, dans cette période où les sources littéraires manquent, le tableau d'une Athènes fidèle à ses institutions et conservant un rôle majeur sur le plan politique et culturel. Sans doute de nouvelles découvertes viendront-elles encore nuancer cette première synthèse de l'Athènes postclassique, mais d'ores et déjà, le livre de Habicht s'impose avec la force de ces études pionnières qui jettent à bas des postulats trop longtemps admis.