De l'abeille chez Platon, Marx ou Nietzsche à la zibeline de Feuerbach, près de 80 animaux de toute espèce peuplent ce bestiaire philosophique où ne manquent ni l'homme, cet hybride qui tient à la fois de l'ange et de la bête, ni les êtres fabuleux que sont le centaure, la chimère ou la sirène. De format carré, plaisamment illustrée, cette petite ménagerie constitue une initiation à la réflexion de quelques grands penseurs, pris sous un angle souvent inattendu. Ainsi la grue nous offre-t-elle, selon Diogène, un modèle d'adaptation cosmopolite; ainsi le loup est-il, pour Michel Serres, «la vraie victime invisible» que l'on calomnie sans l'écouter; ainsi la vache peut-elle nous apprendre à mieux comprendre les écrits de Nietzsche, parce qu'elle possède la faculté de ruminer dont le philosophe allemand déplore l'absence chez «l'homme moderne». Chacune de ces courtes notices animalières, présentées selon l'ordre alphabétique, renvoie à un ou plusieurs auteurs dont le texte cité est très exactement situé dans les notes finales: c'est justement Nietzsche qui vient largement en tête, avec plus de 25 citations.