Pour un musicien qui n’a pratiquement pas dormi de la nuit, c’est l’aube. Salon Bridge, Palace de Montreux, 10h du matin. La plupart des académiciens n’ont pas encore émergé. Christian Scott, lui, est déjà là, pimpant et dispo, une valise de trompettes à la main. Il porte autour du cou, sur les doigts, aux poignets, des tombereaux de bijoux dorés, taillés à la yoruba ou à la mandingue, qui font un cliquetis de porte d’entrée à chaque mouvement. Sous des Air Max beiges, il a enfilé des chaussettes tournesols de Van Gogh; tandis que, sur sa tête, se dresse un haut palmier déstructuré de rasta. «Bon, alors, on fait un blues?»