Montreux Jazz

Christian Scott, l’académie de plein air

Le prodigieux trompettiste américain est cette année le directeur de la Montreux Jazz Academy. Reportage lors d’une répétition où le blues semblait une chose inouïe

Pour un musicien qui n’a pratiquement pas dormi de la nuit, c’est l’aube. Salon Bridge, Palace de Montreux, 10h du matin. La plupart des académiciens n’ont pas encore émergé. Christian Scott, lui, est déjà là, pimpant et dispo, une valise de trompettes à la main. Il porte autour du cou, sur les doigts, aux poignets, des tombereaux de bijoux dorés, taillés à la yoruba ou à la mandingue, qui font un cliquetis de porte d’entrée à chaque mouvement. Sous des Air Max beiges, il a enfilé des chaussettes tournesols de Van Gogh; tandis que, sur sa tête, se dresse un haut palmier déstructuré de rasta. «Bon, alors, on fait un blues?»

Cette année, le trompettiste de 36 ans, né à La Nouvelle-Orléans, est le directeur musical de la Montreux Jazz Academy. Depuis 2014, à l’égide de la fondation d’utilité publique Montreux Jazz Artists – émanation philanthropique du festival, des musiciens du monde entier se voient offrir un stage intensif de pratique et de business musical. Des mentors, comme cette année l’un des fondateurs de Kraftwerk, Wolfgang Flür, ou le multi-instrumentiste Jacob Collier, viennent échanger avec des lauréats des concours du Montreux Jazz. Un concert ponctue l’aventure.