Christine, reine des Victoires

Musique La cérémonie fêtait ses 30 ans vendredi soir. Sans Johnny

Il n’a décidément pas de chance. Neuf fois nommé, mais une seule fois récompensé. Vendredi, Johnny Hallyday, qui commence à connaître la combine, avait donc fait l’économie du voyage aux 30es Victoires de la musique. Il a eu raison. Le rocker de 71 ans qui concourait pour la Victoire de l’artiste interprète masculin de l’année serait venu pour des nèfles. Il s’est fait souffler la vedette par Julien Doré, Nouvelle Star 2007, arrière-arrière-petit-neveu du graveur Gustave Doré et fan de Marcel Duchamp au point de porter le nom de l’artiste tatoué sur le pectoral gauche.

Chez les femmes, les Victoires ont sacré Christine and The Queens. Le choix était attendu. De son vrai nom Héloïse Letissier, la chanteuse atmosphérique qui survola l’année 2014 avec son tube «Saint Claude» figurait cinq fois dans le concours. Elle n’a pas complètement réussi son OPA sur la cérémonie. Même si elle est repartie du concours avec deux trophées, celui de l’artiste féminine de l’année et celui du meilleur clip. En 2014, Stromae avait tout raflé. En 2015, son spectacle «Racine Carré Tour» lui permet de compléter sa collection de Victoires.

Voilà pour la jeunesse. Et les classiques? Ils étaient aussi de la fête. Akhenaton d’IAM a reçu le prix du Meilleur album urbain, le tandem Laurent Voulzy-Alain Souchon celui de l’Album de chansons et Calogero a été récompensé pour son titre Un jour au mauvais endroit.

Fauve absent

Mais les commentateurs s’étonnaient surtout de l’absence à la soirée de Fauve, le groupe phénomène qui ânonne le mal-être ambiant et dont le spoken word vous donne surtout envie de tourner sur «off» le bouton de votre radio. Eh bien, Fauve a fait son Fauve. Si les Parisiens ne figurent pas au palmarès c’est parce qu’ils n’ont jamais renvoyé leur formulaire d’inscription. Trop peuple, sans doute.