L’année dernière, Christophe Honoré présentait en compétition le très personnel Plaire, aimer et courir vite qui, avec son roman Ton Père et sa pièce Mes Idoles (créée en septembre au Théâtre de Vidy-Lausanne), formait un triptyque autobiographique qui le voyait se confronter à ses années de formation intellectuelle. Douze mois plus tard, le Français est déjà de retour à Cannes avec un «petit» film rapidement tourné, Chambre 212.

Maria (Chiara Mastroianni) vit depuis plus de vingt ans avec Richard (Benjamin Biolay). Elle est heureuse, mais elle aime bien prendre du bon temps avec des hommes un peu moins mûrs. Lorsque Richard va se découvrir en mari trompé, son monde va s’écrouler. Maria, elle, va décider de s’offrir une nuit de réflexion, mais sans prendre trop de recul. Depuis la chambre no 212 de l’hôtel faisant face à leur appartement, elle va observer Richard. Alors qu’elle se demande ce qui les a séparés, voici qu’un jeune homme fait irruption: son mari à l’âge de 20 ans (Vincent Lacoste), qui, lui aussi, va se demander comment il en est arrivé là en observant son moi futur. Défileront alors le premier amour de Richard (Camille Cottin et Carole Bouquet dans son incarnation plus âgée), la mère morte de Maria ou encore un Charles Aznavour de pacotille.

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Chambre 212 est un film enlevé et ludique, sorte de vaudeville psychanalytique sur le temps qui passe, les choix de vie, les erreurs pas forcément irréparables. Porté par un casting royal, il fusionne les deux amours de Christophe Honoré, la force du théâtre et la magie du cinéma.