Le claquement d’une chute puis l’écho de verres brisés font sursauter les spectateurs alors que Petra Lang apparaît dans Le Crépuscule des dieux. Mais le spectacle continue pendant le ramassage sonore des brisures éparses, au premier balcon. Inquiétude dans la salle…

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On apprendra au premier entracte, après un choc bruyant de rideau contre le plateau et divers échos de manipulation sur scène, qu’une linolite (lampe à leds de type néon) installée sur la tranche d’une paroi de séparation de la loge 7 s’est brisée en tombant. Le directeur du Grand Théâtre, Tobias Richter, est passé à deux doigts de la trajectoire du luminaire, qui s’est effondré juste à côté de lui. Plus de peur que de mal heureusement: aucun blessé n’est à déplorer.

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Que s’est-il passé? Le cadre de bois, qui accueille l’éclairage et les décorations en épais verre travaillé, s’est désolidarisé de son support. Les chevilles et la colle ont lâché et le tout a volé en éclats, avant d’être ramassé à la main et à l’aspirateur par le personnel de salle et les techniciens accourus sur place.

Quels risques pour la Voie lactée?

L’incident, s’il n’a pas eu d’effets graves, soulève certaines questions. Après trois ans de fermeture sans transformation, la salle a accusé le coup. L’alternance saisonnière du froid, de la chaleur, de la sécheresse et de l’humidité a fait son œuvre. La poussière, le grippement et la rouille atteignent particulièrement les parties métalliques. Mais la contraction et la dilatation des matériaux concernent aussi les parois boisées. Et l'espace public est entièrement composée de ces deux éléments.

Quid donc d’une révision générale approfondie? Pendant les vacances de Rémy Pagani, son bureau nous répond qu'une vérification de l'ensemble des accrochages a été immédiatement demandée et qu'elle est en cours. Il s'agirait à première vue d'un événement isolé. Des spectateurs s'inquiétant d'autre part de la sécurisation de la Voie lactée, il faudra attendre la fin des congés scolaires pour en savoir plus du côté de la direction du patrimoine bâti.

Tobias Richter, injoignable lundi, Lorella Bertani déclare de son côté «nous ne sommes pas propriétaires du bâtiment, il faut s'adresser aux services de Rémy Pagani. Nous faisons ce que nous avons à faire, pour le reste c'est avec lui qu'il faut voir.» Dans l’attente, on croise les doigts…