«Merci aussi à tous ceux qui ne m'ont pas aidé et qui n'aiment pas mon travail. Ils me rendent plus dur, et, meilleur.» Le Valaisan Denis Rabaglia ponctuait, hier soir dans le cadre des Journées cinématographiques de Soleure, la quatrième cérémonie de remise des Prix du cinéma suisse. Une note sombre de la part de Rabaglia dont le Azzurro est sacré meilleur long métrage de fiction de l'an 2000.

La Konzertsaal avait pourtant vécu une heure d'instants hilarants tels le discours surprise de Moritz Leuenberger et les blagues de Thierry Romanens. Minutes d'émotion aussi, celle des autres primés, tous Alémaniques: Sabine Gisiger et Marcel Zwingli pour le documentaire Do it, Anna Luif pour le court métrage Summertime, Sabine Timoteo pour l'interprétation féminine (L'Amour, l'argent, l'amour) et Bruno Ganz ovationné pour Pane e Tulipani de Soldini.

Puis vint la joie nuancée de Rabaglia. A sa décharge, il faut préciser qu'Azzurro, primé à Namur, reste un enfant turbulent. Après que les techniciens ont fait grève sur le plateau pour qu'on leur verse leur salaire, après la cession du film par la maison de production romande Alhena – en faillite – à l'alémanique C-Films, le réalisateur a découvert un tract publié par le Syndicat suisse film et vidéo. Les techniciens se plaignent de ne toujours pas voir honorées leurs prestations sociales du deuxième pilier. Et d'accuser les «crédits notoirement insuffisants de l'encouragement fédéral à la production». Azzurro meilleur film suisse de l'an 2000? Oui, jusque dans le malaise que vit la profession tous les jours.

36es Journées cinématographiques de Soleure.

Jusqu'au 28 jan. Rens.: 032/625 80 80.