L’artiste américaine travaille depuis ses années d’études sur le corps, le déguisement, et les questions d’identité qui vont avec. Ce sont les mêmes préoccupations qui ressortent de son exposition dans l’exposition à l’Arsenale. On y est accueilli par une pièce de Paul McCarthy baptisée Children’s Anatomical (Educational) Figure, de 1990, gigantesque poupée de chiffon qui se vide les tripes en affichant un sourire béat. On y croise aussi les visages peints du Bernois Hans Schärer, les photographies érotiques de Pierre Molinier, un Jesus de Jimmie Durham sous-titré (Es geht um die Wurst/il s’agit de saucisse), douce et fragile sculpture qui évoque la question du reliquaire, ou encore une série de Phyllis Galembo qui a parcouru le monde pour photographier des déguisements liés à des rituels magiques.

Mères cachées

Et puis beaucoup de collections de photographies anciennes, appartenant pour certaines à Cindy Sherman et qui aident à comprendre son travail personnel, notamment ses découpages. Ou encore cette collection de l’artiste et photographe Linda Fregni Nagler qui a réuni plusieurs centaines de ses images qu’on appelle des Hidden Mothers, les mères cachées. On ne voulait que l’enfant-roi sur l’image, mais le temps de pause était alors beaucoup trop long et pour calmer bébé on le mettait sur les genoux de sa mère, dans sa chaleur aimante, mais dissimulée sous un grand drap noir. Pour ne citer qu’une des techniques imaginées.