Il avait été hospitalisé il y a une semaine, ont indiqué ses proches sans plus de détails. Aucune disposition n’a encore été prise pour les obsèques du cinéaste, a-t-on ajouté de même source.

Toujours fasciné par les jeunes filles en fleur, Eric Rohmer avait réalisé son dernier film, «Les amours d’Astrée et de Céladon», en 2007. «Après ce film, je crois que je prendrai ma retraite», avait-il alors déclaré lors de sa présentation au festival de Venise.

Souvent vu comme le Marivaux ou le Musset du cinéma français, il plaçait la parole au coeur de ses films, dont l’intrigue narrative se nouait autour de la conversation et du badinage amoureux.

En quelque cinquante ans, il a signé vingt-quatre longs-métrages, un documentaire sur les films Lumière et des programmes scolaires pour la télévision.

Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a salué en Eric Rohmer «un cinéaste dont l’oeuvre était unique»: «Sous l’apparente légèreté, il mettait dans ses films une rigueur qui le place parmi les plus grands metteurs en scènes de l’histoire».

Né à Tulle, dans le centre de la France, le 4 avril 1920, Eric Rohmer enseigne la littérature avant de se consacrer à la critique cinématographique.

Collaborateur de plusieurs revues de cinéma et d’art, il devient rédacteur en chef de la «Gazette du cinéma» en 1950 puis des «Cahiers du cinéma», une référence pour le 7e Art français, de 1957 à 1963.

Après le scénario de «Tous les garçons s’appellent Patrick» tourné par Jean-Luc Godard en 1958, il signe son premier moyen métrage, «Le signe du Lion», en 1959. Créateur indépendant et artisanal, il fonde alors la société de production «Les films du Losange» avec Barbet Schroeder.

Observateur des comportements amoureux et de la comédie sociale, il organise son oeuvre en séries ou «cycles» de films. Les six «Contes moraux» (1962-72), dont «Ma nuit chez Maud» en 1969, qui lui assure la notoriété, et «Le genou de Claire», transposent des contes du XVIIIe siècle, écrits par Marmontel.

Avec les «Comédies et proverbes» des années 1980 (»Les nuits de la pleine lune», «Le rayon vert», «L’ami de mon amie») inspirées d’Alfred de Musset, Rohmer analyse les codes de la modernité et les égarements du coeur. Les «Contes des quatre saisons» des années 90 poursuivent la même veine.

Il a été couronné du Prix Louis-Delluc et d’un Lion d’Or à Venise pour «Le rayon vert» (1986).