Festival

Cinéma tous écrans, le tour du monde au programme

La quête du réalisme, social ou urbain, relie nombre de fictions TV proposées ces jours au festival genevois. Promenade par pays

La quête du réalisme, social ou urbain, relie nombre de fictions TV proposées ces jours au festival genevois. Promenade.

D’Estonie provient sans doute l’un des échantillons chocs montrés cette année: Klass: elu pärast (Class: life after) raconte les jours suivant une tuerie dans une école. Les auteurs font le choix de l’éclipse, montrant le père du jeune tueur découvrant la disparition de son arme, avant de passer aux moments dramatiques d’après le drame. Axée, au début, sur le personnage du père (Margus Prangel, bouleversant), la série revient ensuite sur les circonstances du massacre.

Du Danemark, c’est dans son quartier paisible que Lulu découvre, le jour de son mariage, les activités illégales de son mari, embarqué menottes aux mains. Polar qui sonne juste, loin des habituelles ruelles glauques, Lulu og Leon a déjà suscité l’attention de Fox.

Du Brésil, Alice semble condenser, dans une histoire intime, les tensions de la puissance montante (LT du 13.10.09). Fiancée, vivant à Palmas, «ville moderne, aux rues droites», Alice revient à São Paulo après le suicide de son père. La ville historique devient carrefour des tentations.

De France, les amateurs explorent un quartier historiquement sulfureux dans Pigalle, la nuit, l’une des nombreuses nouveautés de Canal +. L’intérêt de la démarche reste à confirmer – l’épisode pilote souffre d’une confusion générale –, mais le choc entre la bonne vieille industrie du sexe et les nouveaux conquérants pourrait former une fiction à la fois sordide et cocasse.

D’Angleterre, penchée sur la filière du pétrole au Nigeria, vient le nouveau diptyque de David Att­wood, révélé en 1998 par un film sur la guerre à Sarajevo, Shot Through the Heart. Présenté en première mondiale, Blood and Oil, ­thriller basé sur la quête de la vérité après l’assassinat d’employés d’une compagnie pétrolière, aborde son sujet sans reculer, et de manière documentée.

De Finlande , le ton proposé est plus frais. Tukka Auki ( Hair Open ) évoque une crise de la fin de la trentaine à travers les aventures d’Anna, trahie par son mari, par ailleurs psychologue de la sexualité. Dans les rues délicates, ou les nouveaux quartiers colorés d’Helsinki, le feuilleton sourit des doutes d’une génération bobo.

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