Genre: DVD
Qui ? Oskar Santos (2009)
Titre: Le Pacte du mal
El Mal ajeno
Chez qui ? CTV

I l est un peu dommage de découvrir en DVD un film ouvertement fait pour le grand écran. Producteur, Alejandro Amenábar semble être aussi pointilleux sur la qualité du film dont il a la charge que quand il est metteur en scène. On retrouve en effet dans Le Pacte du mal la même rigueur cinématographique que dans Les Autres ou Agora , ce qui prouve que son nom sur l’affiche n’est pas un alibi simplement amical.

Il est vrai qu’Oskar Santos, qui signe ici son premier long métrage, n’est pas un étranger puisqu’il avait, à l’époque, signé le making of de Mar adentro, le film d’Amenábar sur le suicide assisté. Comme ce dernier, Le Pacte du mal parle également de patients entre la vie et la mort mais se concentre, sous la forme d’un conte fantastique, sur la responsabilité du médecin. Eduardo Noriega incarne Diego, un spécialiste du traitement de la douleur. Un jour, une jeune femme enceinte est amenée aux urgences. Alors qu’elle est dans le coma, son compagnon (Carlos Leal) menace d’un revolver Diego pour l’obliger à s’occuper d’elle en priorité. Deux coups de feu retentissent. Si la seconde balle a servi au forcené pour se suicider, la première, qui aurait dû blesser Diego, est introuvable. Retrouvé baignant dans son sang, il n’a aucune blessure sur le corps. Plus étrange, il va découvrir qu’il a désormais un pouvoir de guérisseur. Mais, comme dans toute fable morale, il y a un prix à payer en échange de pouvoirs surhumains.

On aura compris que Le Pacte du mal ne raconte pas une histoire de super-héros. Pour accentuer l’aspect dramatique du propos, tout le film baigne dans une atmosphère oppressante. Santos se sert avec adresse des décors, principalement celui de l’hôpital. Les personnages sont dominés par les nombreux murs et vitres, reproduisant leurs reflets à l’infini, les rendant prisonniers de leurs propres traumatismes. La musique de Fernando Velázquez (compositeur de L’Orphelinat ) escorte la traversée tourmentée du héros. Rappelant ouvertement, et justement, Bach, elle évolue discrètement par petites touches avant de finir en adagio éprouvant.

Du côté de l’interprétation, rien n’a été laissé au hasard. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence de retrouver deux acteurs ayant travaillé avec Amenábar. Vedette de Tesis et Ouvre les yeux, Eduardo Noriega domine le casting par sa présence charismatique. Barbu, l’air sévère, avec des faux airs de George Clooney, il est parfait dans son rôle de médecin tourmenté qui peut décider de la vie et de la mort des autres. Infirmière dans Mar adentro, Belén Rueda a gagné ses galons de star avec L’Orphelinat . Le Pacte du mal lui permet d’incarner un personnage d’abord effacé avant de se révéler être primordial dans le destin du héros.

Le Pacte du mal est un excellent film fantastique qui prouve que l’on peut aborder le genre sans recourir à des effets spéciaux et spécieux. En cela, oui, il est indéniable que l’ombre d’Amenábar plane tout du long.

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Diego, personnage du film

«Le Pacte du mal» (2009), écritpar Daniel Sánchez Arévalo

«J’ai peur de te fairedu mal à toi aussi.Je ne peux pas vivre avec toi. Ni avec personne. Pour le moment,c’est impossible»