Faim de vie,documentaire de Benjamin Tobler (Suisse 2006). Après Que sera? (Dieter Fahrer), Monotone, mon automne? (Marie-Jeanne Urech), Exit (Fernand Melgar) et quelques autres, Faim de vie est un film de plus sur la question du troisième âge et son corollaire, comment finir dignement ses jours. Réalisé en vidéo avec les meilleures intentions du monde par un infirmier, ce documentaire monte ainsi bout à bout quatre portraits (trois pensionnaires d'un EMS genevois entre 82 et 90 ans, plus une employée bientôt à la retraite) fort respectueux et point trop gnangnan. C'est déjà ça. Mais hélas, pas forcément de quoi justifier une sortie en salles et le prix d'un billet, vu l'absence du moindre intérêt plus strictement cinématographique. Et ce malgré les coups de main de Lionel Baier et de Vincent Plüss, vedette de notre «relève» locale. Il y a des films dont la destination naturelle est le petit écran. Pourquoi s'en cacher?

666 La Malédiction (The Omen), de John Moore (USA 2006). Ce remake servile d'un film éponyme, faux classique du cinéma d'horreur (Richard Donner, 1976, avec Gregory Peck et Lee Remick), n'existe que pour son coup de marketing: une sortie mondiale le mardi 6 juin 2006. Le temps de filer avec le tiroir-caisse, avant que quiconque ne sache quel navet infernal se cache derrière cette opération? Heureusement, les lecteurs impressionnables de l'Apocalypse de Saint Jeanet les fans de numérologie se font plutôt rares. Car un scénario débile et obscurantiste (l'ambassadeur des Etats-Unis à Londres et sa femme réalisent que leur fils adoptif Damien est l'antéchrist), une réalisation incompétente (l'Irlandais John Moore, déjà responsable d'un pitoyable En territoire ennemi et du remake inédit du Vol du Phœnix) et des «vedettes» antipathiques (Liev Schreiber et Julia Stiles), sans oublier quelques seconds rôles qui cachetonnent (Mia Farrow, David Thewlis, Pete Postlethwaite, Michael Gambon), ne font même pas un film d'horreur. Juste une horreur.