C'est si bon un fauteuil, même pas forcément confortable, dans une salle de cinéma, même pas forcément climatisée. Si bon surtout lorsque le film projeté se nomme Le Voyage intérieur de Mike Horn.

En fait d'intérieur, en effet, ce sont les grands espaces de l'Arctique qui peuplent ce premier long métrage du Genevois Raphaël Blanc consacré au périple de Mike Horn. L'aventurier originaire d'Afrique du Sud, installé à Château-d'Œx qui s'était fixé pour dernier défi de réaliser le tour du pôle Nord en solitaire. A pied, en vélo, en bateau.

Et c'est le froid à l'arrivée qui saisit le spectateur, le très très grand froid qui gèle le nez et cloque les joues de l'aventurier. Tout comme la douleur, la puanteur, la précarité et la solitude glaçante de l'homme face à une nature qu'on ne saurait imaginer plus élémentaire et nocive.

Car de victoire dans ce film, il n'est que celle d'avoir tenu sur près de deux ans ce pari fou. D'en avoir rapporté des images aussi. Heurtées et mouillées, à l'exemple du vécu qui nous est raconté. Ce que l'histoire ne nous dit pas, en revanche, c'est le sens de l'aventure.

Que d'énergie et de moyens dépensés, en effet, pour ce qui apparaît comme le caprice d'un homme à la réflexion courte, en lutte contre lui-même. La gratuité de l'affaire frappe au passage bref d'un renne sur la banquise. Pour la faune – ou son absence – comme pour la flore, point d'intérêt. Pour l'homme, guère plus. Qui sont, par exemple, ces gens qui aident Mike Horn tout le long de son périple? Et que poursuivent-ils à travers pareille entreprise, en Suisse ou au fin fond de la steppe sibérienne?

Le Voyage intérieur de Mike Horn, de Raphaël Blanc (Suisse 2005).