Quasiment disparue des écrans depuis son fameux quintuplé de 2000-2001 (Dr. T et les femmes, Seul au monde, Ce que veulent les femmes, Un monde meilleur et Le Sortilège du scorpion de jade), Helen Hunt préparait son passage à la réalisation. Peut-être l'attente a-t-elle été trop longue, l'effort trop intense. Car même si elle a mis tout son cœur dans cette Histoire de famille tirée d'un roman d'Elinor Lipman (Then She found Me, 1990), le résultat peine à convaincre.

Devenue mère entre-temps et visiblement plus âgée que son rôle, la comédienne y incarne April Epner, institutrice de 39ans taraudée par son désir d'enfant. C'est le moment que choisit son gentil mari pour lui annoncer qu'il la quitte, sa mère juive pour mourir et une animatrice de télé pour se présenter comme sa mère biologique! Pire, alors qu'elle se lance dans une liaison avec le père divorcé d'un de ses élèves, voilà que son mari, pris de remords, la met enceinte...

Il y a une indéniable part de vérité (d'expérience?) dans cette histoire de confusion extrême des sentiments. On regrette dès lors d'autant plus que tout y paraisse si approximatif: de la lumière au son et même au jeu des comédiens. C'est comme si Helen Hunt, tentée par un cinéma indépendant «sans fard», n'avait pas vraiment osé. En témoignent sa mise à nu partielle et un name dropping un peu vain (de Steve McQueen en père putatif à Salman Rushdie en gynéco).

Reste à espérer que, comme dans l'histoire juive à l'humour un peu cruel qui ouvre et clôt le film, la cinéaste débutante aura appris sa leçon en se jetant à l'eau. Et qu'elle saura à l'avenir trouver un style plus affirmé, à la mesure de son évidente sincérité.

Une Histoire de famille (Then She Found Me), de Helen Hunt (USA 2007), avec Helen Hunt, Colin Firth, Matthew Broderick, Bette Midler, Ben Shenkman, Lynn Cohen. 1h40.