Troisième film de Pascal Thomas à s'inspirer de romans d'Agatha Christie, Le crime est notre affaire sent déjà la routine. C'est dire l'intérêt tout relatif de cette sorte de «remix» des deux films précédents, Mon petit doigt m'a dit... (2005) et L'Heure zéro (2007), qui reprend les protagonistes du premier pour les projeter dans une situation plus proche du deuxième.

Cette fois, le couple Beresford se retrouve carrément en Suisse, du côté de Martigny, pour résoudre une sombre affaire de meurtre commis dans un train. Une piste guide l'impulsive Prudence jusqu'au château de la famille Charpentier, composée d'un vieil avare et de ses quatre enfants. Une fois qu'elle s'y est fait engager comme cuisinière, le prudent Bélisaire, tout retraité des services secrets qu'il soit, commence à s'inquiéter de la disparition de son épouse...

On le voit, la fantaisie débridée de Mon petit doigt... a fait place aux ambiances lourdes du whodunit familial façon L'Heure zéro. Mais une nouvelle fois, l'intérêt ne réside pas tant dans la résolution de l'intrigue que dans la personnalité des enquêteurs, interprétés avec entrain par Catherine Frot et André Dussollier. De son côté, Claude Rich développe un savoureux personnage de vieillard irascible déjà essayé (quoique hors champ) dans Cœurs d'Alain Resnais.

Le tout donne un film au charme suranné, mais dont les clichés assumés et la désinvolture font toujours plaisir à voir. Même si on souhaiterait à présent voir le sympathique Pascal Thomas (Les Zozos, La Dilettante) passer à autre chose, ce pur divertissement reste donc fort agréable, jusqu'à un mémorable gag final.

Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas (France 2008), avec Catherine Frot, André Dussollier, Claude Rich, Chiara Mastroianni, Hippolyte Girardot, Melvil Poupaud, Christian Vadim, Annie Cordy. 1h49.