Culture

Le cinéma du mercredi. Dreamworks, hystérique

Le rythme effréné de «Madagascar 2» étouffe.

Quoi de plus drôle, pour un enfant, qu'une chute à terre, une dégringolade, des pouëts-pouëts ou des mamies qui font du kung-fu? D'après les réalisateurs de Madagascar 2, rien. La preuve, ce deuxième volet use et abuse de ce genre de situations clownesques à chaque nouvelle scène, jusqu'à l'hystérie. Dans le premier épisode, Alex le lion, Gloria l'hippopotame, Melman la girafe et Marty le zèbre s'échappaient d'un zoo de Manhattan. Aujourd'hui, les quatre compères se retrouvent perdus en pleine savane africaine, un monde sauvage totalement inconnu et nouveau pour eux.

Un dessin animé hystérique

Passées les rares bonnes surprises (la girafe amoureuse et dépressive, les pingouins pilotes d'avion, le méchant coiffé d'une banane à la Dick Rivers), Madagascar 2 fatigue très vite. Les propos se révèlent plats, le scénario pauvre et la frénésie de gags ne laisse pas une minute de calme dans cette tempête folle furieuse. Derrière un semblant de message (affirmer ce que l'on est pour devenir ce que l'on veut), cette suite prend les enfants pour plus bêtes qu'ils ne sont. Les studios d'animation Dreamworks (Shrek, Fourmiz) semblent s'être laissés aveugler par les 500 millions de dollars de recettes du précédent volet. On attendait mieux d'Eric Darnell, ici coréalisateur, qui avait signé avec Fourmiz une formidable fable sur la lutte des classes à travers le monde des fourmis. Si, malgré tout, l'appel de la jungle reste trop fort, autant revoir Le Roi Lion, des studios Disney, conte magique sur le passage de l'enfance à l'âge adulte.

Madagascar 2 (Madagascar: Escape 2 Africa), animation d'Eric Darnell et Tom McGrath (USA, 2008) avec les voix de: (v.o.) Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer, Jada Pinkett-Smith, Sacha Baron Cohen (v.f.) José Garcia, Anthony Kavanagh, Jean-Paul Rouve, Marina Foïs, Michaël Youn. 1h35.

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