Culture

Le cinéma du mercredi. L'insolent retour d'«Hellboy»

Guillermo Del Toro signe de sa singulière griffe un solide second volet.

Là où le réalisateur des Quatre Fantastiques (Tim Story) se plante sur toute la longueur, Guillermo Del Toro réussit un second volet de Hellboy (Hellboy II les légions d'or maudites) tout aussi bon, voire meilleur, que le premier, dont il était également l'auteur.

Le secret du réalisateur mexicain tient, à l'instar d'un Tim Burton ou d'un Jean-Pierre Jeunet, en un univers visuel et imaginaire particulier, une singularité, qui n'appartient qu'à lui, comme, par exemple, dans le superbe Le Labyrinthe de Pan, sorti en 2006, avec Sergi Lopez.

De ses autres films, Guillermo Del Toro garde d'ailleurs presque la même équipe, dont son directeur de photographie Guillermo Navarro, avec qui il a travaillé sur Cronos, L'Echine du diable, Hellboy et Le Labyrinthe de Pan, et l'acteur Doug Jones, habitué aux costumes puisqu'il interprétait le faune et l'homme pâle du Labyrinthe de Pan, le Surfeur d'argent dans (tiens?) Les Quatre Fantastiques et un Tartutic dans La Jeune fille de l'eau de M. Night Shyamalan. Ici, en plus du Chambellan et de l'Ange de la mort, Jones incarne l'aquatique érudit Abe Sapien, éternel compagnon de Hellboy (Ron Perlman). Avec la petite amie de ce dernier, Liz (Selma Blair) et un mystérieux homme-scaphandre protoplasmique, ils vont devoir déjouer le machiavélique plan de l'ennemi juré de la Terre, l'infâme Prince Nuada (Luke Goss).

Un univers singulier

Le mal, ici, n'est en réalité que la revanche d'une espèce exterminée il y a longtemps par l'homme. On pense à Starship Troopers de Paul Verhoeven, même si Hellboy II ne va pas aussi loin dans la critique de la société humaine. Dans cette amusante course «les légions d'or maudites», le réalisateur emmène son spectateur dans un endroit peuplé de monstres pâles et faunesques, teinté de gris bleuté, aux décors ponctués de spirales graphiques. Un univers de fables pour enfants situé entre réalité et mondes engloutis. Si Del Toro filme le monde des hommes de façon convenue, c'est bien dans ces univers parallèles qu'il excelle. Ses personnages, dont Hellboy est le moins réussi, dégagent eux aussi leur propre imagerie.

Et avec une belle musique composée par Danny Elfman (compositeur fétiche de Tim Burton), une bonne touche d'humour et un bon grain d'action, Guillermo Del Toro offre un spectacle que l'on a plaisir à voir. Avant un troisième volet, annoncé succinctement à la fin du film.

Hellboy II: les légions d'or maudites (Hellboy II The Golden Army), de Guillermo Del Toro, (USA, 2008) avec Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones, James Dodd, Jeffrey Tambor, John Alexander, Brian Steele, Luke Goss. 2h.

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