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Le cinéma du mercredi. Moins de «Quatre Etoiles»

L'auteur de «La Discrète» reste circonspect.

Christian Vincent est un cinéaste de l'après. D'abord celui de La Discrète, ce grand succès de 1990, dont il peine à se relever: ses films suivants, de Beau fixe en 1992 aux Enfants en 2004, sont restés confidentiels. L'après, aussi, d'une cinéphilie qui lui permet aujourd'hui d'invoquer et même de revendiquer les délicieuses comédies Haute Pègre et La Huitième Femme de Barbe Bleue signées par Ernest Lubitsch.

C'est donc par le biais d'un rire élégant que le cinéaste tente de donner le tour avec Quatre Etoiles, une distribution à la hauteur, le décor haut de gamme des palaces de Cannes et un scénario scintillant: Franssou (Isabelle Carré, fausse candide) hérite de 50 000 euros et, plutôt que d'écouter les conseils de placement de son fiancé, plaque tout pour mener la grande vie à Cannes. Ce luxe temporaire devient perpétuel lorsqu'elle rencontre un arnaqueur aussi pétulant que pathétique (José Garcia) qui l'incite à escroquer un ancien champion automobile, imbécile au grand cœur qui doit autant à Alain Prost qu'à Dustin Hoffman période Rain Man (François Cluzet).

Comment se fait-il alors que, sitôt ce cocktail gagnant dégusté, François Cluzet, pourtant second rôle, reste l'unique souvenir persistant? Par sa mise en scène trop appliquée à suivre un script qu'il croit imparable, Christian Vincent sert un champagne sans bulles. Comme tétanisé par les numéros ébouriffants de ses comédiens, il reste à distance. Cette circonspection, qui finit par contaminer le spectateur, évente bientôt chaque effet de manches, chaque rebondissement. Au point que le film ne repose guère que sur sa finesse, incomparable quand revient en tête le niveau général de la comédie française actuelle.

Quatre Etoiles, de Christian Vincent (France 2006), avec Isabelle Carré, José Garcia, François Cluzet. 1h46.