On aurait toutes les raisons de se méfier d'un premier film réalisé par le scénariste de L'Auberge rouge, cette insupportable comédie ratée de Gérard Krawczyk avec Josiane Balasko et Christian Clavier sortie l'année dernière. Pourtant - c'est ça la magie du cinéma -, on se surprend à rire franchement aux gags morbides mais légers de ce Bouquet final qui n'a rien à envier à d'autres comédies françaises bien plus consensuelles.

On filme rarement, en France, la mort comme cela, sur un ton aussi léger et moqueur, et c'est bien là la force du premier film de Michel Delgado (également scénariste de L'Enquête corse): un humour décomplexé sur un thème habituellement frileux.

Le scénario plonge dans le monde très fermé des croque-morts, par le biais de Gabriel (Marc-André Grondin, remarqué dans C.R.A.Z.Y. et confirmé dans Le Premier jour du reste de ta vie), recruté au poste de directeur marketing d'une grande boîte américaine de pompes funèbres, poste convoité par Gervais Bron (Didier Bourdon, qui renoue ici avec un humour tranché et second degré).

Un impair payant

En stage d'apprentissage chez Bron, Gabriel doit faire ses preuves: il vend à un prix indécent les obsèques d'un vieux monsieur. Le jour de l'enterrement, il se rend compte que le mort est le grand-père de sa petite amie (Bérénice Béjo, OSS 117) à qui il a caché sa profession.

On n'aime pas: Gérard Depardieu en vieux marginal sculpteur, gouailleur devant l'Eternel. On aime beaucoup: l'absence de bienséance et de politiquement correct autour du traitement physique et moral des cadavres. Une bonne surprise, donc, même si un peu d'humour trash anglais aurait fait de ce Bouquet final une comédie encore plus grinçante.

Bouquet final, de Michel Delgado (France, 2008), avec Didier Bourdon, Marc-André Grondin, Bérénice Béjo, Marthe Keller, Gérard Depardieu, Chantal Neuwirth, Anne Girouard, Michel Galabru, Marilu Marini. 1h41.