Le réalisateur japonais Keiichi Hara (célèbre au Japon pour son personnage de série télé Shin-chan, sorte de Petit Nicolas nippon) planche depuis dix ans déjà sur les aventures de Coo, dernier survivant des kappas (esprits de l'eau), aventures adaptées de deux livres pour enfants datant des années 1980, signés Masao Kogure. Les kappas sont légendaires au Pays du Soleil-Levant. Ces étranges tortues chevelues, dotées de parole, vivaient il y a bien longtemps de cela, avant que les hommes n'aient pris le dessus sur la nature.

Quelle surprise lorsque le jeune Kôichi en rapporte un chez ses parents. La famille décide de garder cette découverte secrète car nul ne sait comment réagiraient les hommes s'ils apprenaient qu'un kappa vivait parmi eux.

Une force narrative

La narration est la grande force de cette fable écologique, presque sans espoir. A travers les scènes ordinaires d'une famille ordinaire, Coo représente tout ce que l'homme a détruit de la nature. De façon didactique, il s'adresse aux humains comme un enfant à ses parents, posant les bonnes questions, cherchant à comprendre pourquoi son espèce s'est éteinte.

Féroce, Un Eté avec Coo peint l'homme comme une créature égoïste, malfaisante, qui détruit la nature avant de se détruire lui-même. Même Kôichi cédera à la tentation de la célébrité lorsque le Japon apprend bientôt l'existence du petit animal mythique.

Le graphisme est juste, efficace, mais n'arrive pas à contrebalancer une animation largement vue et revue depuis les années 1980 dans les formats courts télévisuels. On est loin de la magie des animations de Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant) ou même d'Isao Takahata (auteur d'un sujet très proche avec Pompoko). Et avec ses 2h15, les enfants de 6 ans à qui s'adresse le film risquent de trouver le temps long.

Un Eté avec Coo (Kappa no ku to natsu yasumi), film d'animation de Keiichi Hara (Japon, 2008). 2h15.