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Le cimetière de voitures de «Smash Palace», œuvre jalon dans la cinématographie du pays.
© NIFFF

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Le cinéma néozélandais, miracle à deux visages

Le Festival du film fantastique de Neuchâtel consacre une copieuse section aux films du pays de Peter Jackson. L’histoire d’un succès qui passe par les grosses productions globalisantes

C’est un film étonnant et attachant, montré ces jours au Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF). Et qui n’a rien de fantastique: réalisé en Nouvelle-Zélande en 1981 par Roger Donaldson, Smash Palace raconte la déchirure d’un couple dans le décor du cimetière de voitures que possède le protagoniste masculin, lequel finit par enlever sa fille. «Un film que tout le monde a vu en Nouvelle-Zélande, certaines scènes sont devenues iconiques», lance Chris Stapp, réalisateur et musicien. Cette semaine, le Festival du film fantastique de Neuchâtel consacre sa rétrospective à la Nouvelle-Zélande.

La bande-annonce originale de «Smash Palace».

Loin des grands spectacles de Peter Jackson (Le seigneur des anneaux, King Kong) qui ont épinglé la Nouvelle-Zélande sur la carte mondiale, Smash Palace, avec notamment Mr. Wrong, une histoire de fantôme associé à une voiture d’occasion par Gaylene Preston en 1984, fait partie des films qui ont façonné le cinéma néo-zélandais moderne.


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Un virage majeur il y a quarante ans

La sélection du NIFFF, 18 films, est proposée en cette année des 40 ans de la New Zealand Film Commission, l’un des deux principaux organismes de soutien, dont Gaylene Preston a été membre. «Ses moyens sont très modestes en regard des budgets des services audiovisuels pour les productions internationales, dit-elle. Mais sans cette commission, les choses ne se seraient pas aussi bien passées pour notre cinéma. Et elle a fait beaucoup pour son rayonnement à l’étranger.»

«Services»? L’expression illustre la dichotomie du cinéma en Nouvelle-Zélande. D’un côté, la production nationale, foisonnante et aux moyens souvent limités; de l’autre, les grandes productions surtout hollywoodiennes, qui viennent profiter des paysages grandioses et du biotope industriel, à commencer par Weta Workshop, cofondée par Peter Jackson, société d’effets spéciaux devenue majeure dans le secteur. Chris Stapp précise: «Avec les productions internationales, on est bien payés, on règle les factures. On est aussi fiers de travailler à ce niveau, et on tisse des réseaux. Pour les productions nationales, on profite de l’acquis, et on fonctionne peut-être un peu plus par la passion.»

Pour mémoire, le King Kong dans les paysages néo-zélandais, avec les effets de Weta.

«Les touristes sont dans la Terre du Milieu»

Directrice artistique, en particulier chez Weta, Rebekah Tisch raconte le sentiment ambigu ressenti dans le pays: «La Nouvelle-Zélande est devenue très populaire grâce aux paysages. C’est ce qu’a mis en avant Peter Jackson, qui a dit aux studios hollywoodiens vouloir utiliser cette magie. Le tourisme est devenu notre première ressource. Comme Kiwis, il est parfois difficile d’admettre que tous ces touristes ne sont pas en Nouvelle-Zélande, mais dans la Terre du Milieu! Bon, avant, personne ne nous connaissait…»

Un pays et un cinéma condamnés, pour le meilleur, à cette double identité, enrichie depuis la semaine passée avec la création d’un fonds pour le cinéma maori. Dans ce contexte, les films kiwis s’exportent toujours mieux. Et c’est là que la sélection du NIFFF se justifie: outre l’ogre Jackson, l’export néo-zélandais s’est instauré grâce aux films fantastiques. «Clairement, nous réalisons des films de genre parce que nous savons qu’ils voyagent bien», résume Gaylene Preston.

L’accent, preuve de la conquête du monde

La conquête kiwie est en marche, même l’accent n’est plus une barrière, sourit Chris Stapp: «Pendant des décennies, les acteurs devaient prendre un accent américain ou essayer une sorte de neutralité, même dans les œuvres nationales. Entendre un accent néo-zélandais dans un film, c’est jouissif. Mais pour nous, il est encore incongru d’entendre notre propre accent dans une grosse production. Quand j’ai repéré l’accent kiwi dans un Star Wars, c’était à la fois gênant et génial!»


«What we do in New Zealand». Rétrospective au NIFFF, jusqu’à samedi.

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