Cinéma

Avec Cinéma Sud, la toile prend le soleil en Suisse romande

Jusqu’à la fin du mois d’août, les cyclistes-projectionnistes de Cinéma Sud parcourent la Suisse romande sur leurs vélos. Ils proposent aux spectateurs une séance de cinéma gratuite et écologique

Durant la période estivale, les cinémas de plein air sont légion en Suisse romande. Payants ou gratuits, proposant des courts et longs métrages, les catégories varient mais, d’un point de vue technique, tous se ressemblent. Ou presque. Depuis sa première édition en 2011, le Cinéma Sud d’Helvetas se distingue par son dispositif «100% écologique». «Nous nous déplaçons à vélo et remorquons sur des charrettes deux panneaux photovoltaïques qui nous permettent de récolter de l’énergie solaire, explique Lyell Grünberg, cycliste-projectionniste. Cette énergie est emmagasinée, puis distribuée par deux batteries d’une autonomie de 2h30 chacune.»

Depuis le 23 juin, les saisonniers, organisés en trois binômes, installent vidéoprojecteur, lecteur DVD et écran de cinéma dans un parc, sur une place publique voire en bord de lac. Ils prendront leurs quartiers au parc de Milan, à Lausanne, dès jeudi 9 août et jusqu’au mardi 14.

Au bout de deux mois, les cyclistes-projectionnistes auront totalisé près de 700 km de route afin de rallier les 19 villes de cette 7e édition. En attendant, ils enfourchent tous les trois jours leurs montures et tractent deux charrettes de 50 kg contenant le matériel. «C’est bien plus qu’un cinéma itinérant, observe Marion Petrocchi, chargée de communication. C’est avant tout une aventure humaine et un défi sportif.»

Voyage en terre suisse

Une sorte de «road trip» durant lequel les passionnés de vélo doivent, avant tout, se montrer adroits et un brin bricoleurs. «Si le matériel tombe en panne, c’est à nous de le réparer. Il faut aussi être très attentif à la recharge des batteries, car sans ça les projections seraient impossibles», souligne Jérémy Bonzon, qui pédale pour la première fois avec Helvetas. Et pour l’hébergement, là encore les binômes doivent faire preuve d’ingéniosité. «Parfois on rentre chez nous ou on va chez des amis, mais pour les villes comme Sion, où l’on ne connaît personne, on opte pour le camping voire l’hébergement chez l’habitant», indique Lyell Grünberg, qui participe à sa deuxième édition.

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Le Cinéma Sud d’Helvetas se présente alors comme une véritable aventure humaine au cours de laquelle les saisonniers échangent avec des habitants touchants. «Je crois que l’un de nos plus beaux souvenirs sera celui de cette nonagénaire, à Epalinges. Elle se déplace avec un déambulateur et insiste pour venir chaque année aux projections.»

Une fenêtre sur l’ailleurs

Ce cinéma itinérant fonctionnant à l’énergie solaire met un point d’honneur à diffuser des productions de réalisateurs indépendants et provenant de pays dits «du Sud». Cette année, l’événement accueille d’ailleurs en avant-première suisse Supa Modo, un drame kényan qui raconte l’histoire de Jo, une fillette de 9 ans gravement malade et rêvant de devenir une héroïne. «Le public n’a pas pour habitude de voir ce type de longs métrages, déplore la chargée de communication. Ils montrent pourtant d’autres réalités du monde.» Projetés en version originale et sous-titrés en français, ces comédies ou drames mettent, cette année, la jeunesse en avant. «Centaur livre une certaine leçon de courage et de résilience, tandis que La Jaula de Oro évoque le vivre-ensemble. Pour autant, ces films ne se veulent pas moralisateurs et invitent plutôt à la réflexion», poursuit-elle. D’ailleurs, les spectateurs n’hésitent pas à échanger avec les opérateurs à la fin du long métrage et sont, pour certains, prêts à revenir le lendemain.

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Cinéma Sud, Lausanne, parc de Milan, du 9 au 14 août, 21h.

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