Cette fois, la saison festivalière est vraiment ouverte. Avec les démarrages du Montreux jazz puis, dès mardi, de la Cité à Lausanne, les festivités culturelles accommodent la canicule. Il en une qui brille au-delà des rivages lémaniques, attirant loin à la ronde.

Pour sa 15ème édition, même sous le soleil triomphant, le Festival du film fantastique de Neuchâtel va remplir les salles de la ville d’amateurs de tous âges, et toutes catégories. Pour une offre toujours plus copieuse: la seule rétrospective, consacrée aux «plaisirs coupables», compte 40 films. Au total, le festival propose 157 projections dont 107 longs métrages. Parmi d’autres, cinq pistes qui justifient le déplacement.

■ Pour le pari un peu suisse: «Polder», de Julian M. Grünthal et Samuel Schwarz

Le premier est allemand, le second, suisse. Les deux réalisateurs, qui viennent du théâtre, ont déjà produit «Mary & Johnny». «Polder» innove déjà par son parcours, puisque le film devait être un jeu vidéo. Et qu’il parle d’un jeu vidéo; un programme basé sur les fantasmes de ses joueurs. Mais qui peut se révéler mortel, découvre la veuve du développeur. Cette coproduction germano-helvétique fait partie de la compétition principale.

Mardi 7 (17h45) et jeudi 9, même heure.

Pour la sombre audace du thème: «The Corpse of Anna Fritz», de Hèctor Hernádez Vicens

Présentant son programme devant la presse il y a quelques semaines, la directrice du Festival Anaïs Emery a fortement mis en avant ce film espagnol. Parce qu’il fait montre d’une grande audace thématique: il y est question de nécrophilie. Une soirée animée, deux amis se retrouvent dans une morgue face au corps d’une actrice vedette. Trouble ambiance en perspective.

Mardi 7 (20h15), samedi 11 (00h45).

Pour l’exotisme: «Hard to get», de Zee Ntuli

Le NIFFF habitue ses fidèles à des films de provenances vraiment diverses – il y eu même une œuvre du Pakistan –, mais un pays, pourtant en forme artistique et critique éclatante dans le domaine du polar, n’y a jamais été bien présenté: l’Afrique du Sud. Injustice réparée avec ce road movie urbain à Johannesburg décrit comme une «explosion de couleur set de passion». Il figure dans la section Ultra Movies, toujours à suivre; on y trouve aussi «Pos Eso», une histoire d’exorcisme en animation, ou un «cauchemar» en noir-blanc, «True Love Ways», du Suisse Matthieu Seiler.

Mercredi 8 (01h00), samedi 11 (13h15).

Pour confirmer le pouvoir nordique: «Men & Chicken», d’Anders Thomas Jensen

Le titre fait sourire, et ça continue en voyant le film, promettent les programmateurs du NIFFF. Ce long-métrage marque le retour, 10 ans plus tard, de l’auteur d’«Adam’s Apples», le film qui fit découvrir Mads Mikkelsen à bien des curieux. Ici, il est question de la réunion de deux frères découvrant la réalité sur leurs origines après la mort du père. En repensant à la figure du pasteur dans «Adam’s Apples», on a de quoi imaginer l’option la plus redoutable. Dans la même section figure «I am Here», du Danois Anders Morgenthaler, avec Kim Basinger en femme d’affaire qui veut avoir un enfant à tout prix.

Dimanche 5 (22:00), jeudi 9 (17h30).

■ Pour la nostalgie: «Razorback», de Russel Mulcahy

La rétrospective du NIFFF cette année décline les «plaisirs coupables» en 40 pellicules, associant un peu de kung fu à Week-end, une trace fantastique méconnue de Jean-Luc Godard, ainsi que de la SF érotique dont «Barbarella», des films de blaxploitation à commencer par «Blacula», ceci avec une touche de «Mad Max». Au rayon de la revanche animale, «Les Dents de la mer» en open air, et «Razorback», histoire de fureur d’un grand sanglier, qui, dans les années 1980, fusionna horreur et esthétique clip. Introuvable en DVD, l’œuvre est montrée par Russel Mulcahy lui-même (ci-dessous, la première scène).

Vendredi 10 (22h30).