Festival

Cinq journées aux frontières du connu

A Genève, le DAF Festival propose un voyage non balisé dans des étrangetés esthétiques multiples

C'est tellement étrange que l'on se demande si ça existe. Cela s'appelle le DAF Festival; cela se développe à Genève, dans le quartier de Saint-Jean, du côté de l'atelier de la Reliure (à l'enseigne du Centre d'expression numérique et corporelle), et cela s'étend sur les tranchées couvertes qui séparent cette langue de terre des Charmilles. Surtout, cela mêle, du 21 au 25 mars, une série presque sans fin de propositions à la fois brindezingues et inventives, à cheval sur la musique, la danse, la performance et des éléments quasiment innommés.

On y retrouvera quelques têtes connues des cercles souterrains genevois, comme celle de POL, qui, nous glisse-t-il, tentera jeudi 22 «une première mondiale»: bâtir un live dark ambient en jouant avec un quarteron de Nintendo DS. Ce ne sera qu'un des versants des différentes colorations musicales qui seront représentées durant ces quelques jours, la palette courant des drones solaires de Stereocilia (samedi 24) au bruit brut de Java Delle (jeudi 22) ou au rock particulièrement azimuté de Mosquito Ego (mercredi 21).

Un univers déroutant

Le sentiment du singulier grimpe de quelques échelons encore lorsque l'on se promène dans le menu de ces événements difficilement catégorisables (performances? conférences? ateliers? belles chimères?) que le DAF Festival propose par poignées. Ainsi du projet «Ta Chambre noire» de Gwen Laroche et Jennifer Cousin – «Dispositif immersif et sensitif pour spectateur unique», promettent-elles. Autant dire un beau générateur d'angoisses.

Ainsi également de l'expérience (vendredi 23) proposée par un certain Institut international de gravatologie (ce mot n'existe pas), qui propose une «exploration du gravat sous toutes ses formes, réelles ou imaginaires, connues et inconnues à ce jour». Ou encore «The Body Language Methoood» (jeudi 22), performance de Cerise Rossier – qui «travaille un personnage clownesque depuis un trauma causé par son bachelor d’études d’art conceptuel à l’ECAL.»

Portnawak? Il y a assurément de cela dans la démarche. Mais celle-ci peut être considérée en inversant la perspective: ce que le DAF Festival propose, c'est une plongée dans un univers déroutant fertilisé par l'aiguillon de l'inattendu.


DAF Festival. Du 21 au 25 mars. La Reliure, rue de Saint-Jean 45, Genève.

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