La mort dans l’âme. Pas une formule, non. Mais un désarroi, une angoisse, un choc. Jean Liermier se réjouissait de reprendre son Cyrano de Bergerac. La première a eu lieu mercredi, à La Cuisine, salle provisoire du Théâtre de Carouge. «C’était aussi la dernière», déplore le directeur de l’institution genevoise. «Comment jouer devant 50 personnes un spectacle qui est pensé pour 500?» s’interroge le metteur en scène.

L'annonce du Conseil fédéral mercredi a mis KO les enfants de Molière. «Nous devions jouer jusqu’à dimanche notre Cyrano, avant de partir en tournée à Paris, Lyon, Marseille, explique l’artiste. Les représentations carougeoises étaient complètes, nous avions même ajouté une supplémentaire. Mais il est économiquement absurde de jouer devant 50 spectateurs: cela représenterait une recette de 1000 francs par soir, alors que nous tablions sur 11 000 francs. Artistiquement, c’est nul. Le théâtre, c’est un échange entre des comédiens et un public qui le porte.»