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Mike Müller et Vincenzo Biagi dans l'épisode 3x02 de «Der Bestatter».
© SRF

fiction tv

Dans la circulation des fictions, la triste impotence de la SSR

OPINION. Outre de sévères coupes budgétaires, le groupe public annonce un nouvel effort sur la diffusion des fictions, dont les séries, au-delà de leurs régions d’origine. Le moindre progrès sera facile, tant la SSR part de presque rien

La SSR veut mettre en avant «ce qui nous différencie des diffuseurs étrangers», a martelé le directeur, Gilles Marchand, jeudi lors des annonces de coupes à hauteur de 100 millions de francs. Malgré le plébiscite anti-«No Billag» de mars dernier, la SSR fait face à un plafonnement des recettes de la redevance et de nouvelles menaces, notamment au parlement, sur le montant de la taxe.

A ce sujet: La SSR supprimera 250 postes

Afin de positiver, Gilles Marchand insiste sur quelques efforts nouveaux, notamment dans la fiction – comprenons, pour l’essentiel, les séries. Il dit son souhait d’instaurer un rendez-vous hebdomadaire. Et il met l’accent sur la circulation des productions SSR dans les différentes parties du pays. Evidente réponse à la pression politique: face à une droite souverainiste qui a soutenu «No Billag» en éructant sur les réseaux, la direction de la SSR doit jouer la carte de la grande réunion helvétique.

Des fictions, chacun dans son coin

Il faut dire que l’impotence de la maison en la matière reste sidérante. Alors que depuis des décennies les patrons de la SSR se gargarisent de la contribution du diffuseur à la cohésion nationale («idée suisse», etc.), la fiction ne passe tout simplement pas les fossés linguistiques. Entre autres grandes séries alémaniques, Tag und Nacht n’a jamais été montrée ici, son édition DVD ne bénéficie pas de sous-titres.

Si la RTS a montré Le croque-mort (Der Bestatter), c’est parce qu’elle a bénéficié d’un apport financier extérieur pour le doublage; la confédérale SSR n’avait pas prévu le budget. Il y a deux semaines, la RTS a bazardé la diffusion du double téléfilm germanophone Private Banking sans la moindre promotion – même Arte, coproductrice, l’a mieux exposé.

Le Temps a néanmoins parlé de Private Banking, lire notre critique.

Une dramatique absence de volonté de promouvoir la curiosité

Sur le plan de la fiction – je me tiens à mon domaine, mais est-ce mieux ailleurs? –, on ne peut même pas parler de dialogue de sourds à la SSR. Il n’y a tout simplement pas d’échange des produits culturels, pas le moindre désir de promouvoir les histoires des autres dans ce minuscule pays. Si l’austérité a pour effet de remettre l’évidence de ce besoin sur la table, elle est salutaire.

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