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Bruno Mégevand a rêvé la Cité de la musique qui va naître en 2022. Ce qui a motivé son travail acharné pendant trois ans: «La musique, l’Humain et la beauté».
© Eddy Mottaz

Musique

La Cité de la musique, c’est parti

Le grand projet musical genevois a officiellement été présenté en présence des autorités de l’Etat, de la Ville et des Nations unies. Concert de louanges

Ils étaient onze autour de la table. L’assemblée réunie en conférence de presse ce vendredi 13 dit mieux que tout l’importance de l’événement. «C’est un jour de chance historique pour Genève», a déclaré le président du Conseil d’Etat François Longchamp, en ouverture de séance. «Je n’ai jamais connu un tel enthousiasme général autour d’un projet.»

Après la récente validation du droit de superficie cédé pour 90 ans par l’ONU pour une somme de 25,6 millions, la Cité de la musique tant attendue pourra donc officiellement ouvrir ses portes en décembre 2022, si tout se déroule bien.

Rare réunion de hauts magistrats

Outre cinq membres du Conseil de fondation et deux architectes du bureau Brodbeck-Roulet mandaté pour organiser le concours lancé ce lundi et accompagner la construction, on comptait encore la ministre cantonale de l’Instruction publique Anne Emery-Torracinta et celui de la Culture genevoise Sami Kanaan pour célébrer l’officialisation du grand projet musical lancé il y a plus deux ans.

En plus de la très rare réunion de ces hauts magistrats autour d’un projet privé (financé par le célèbre mécène de la place qui préfère toujours rester discret), la venue de Michael Möller, directeur général de l’office de Genève de l’ONU, a achevé de donner à la conférence de presse des allures d’affaire internationale.

Un outil culturel d’exception

Genève peut donc aujourd’hui s’enorgueillir de bientôt disposer, elle aussi, d’un outil culturel d’exception (LT du 29.12 et sur notre site tous les articles en relation). Chacun a rappelé les formidables enjeux de l’aventure, dont on attend qu’elle soit portée par un bâtiment emblématique.

Le site renforce le rayonnement de la Genève internationale. Michael Möller, cheville ouvrière essentielle dans les négociations avec l’ONU de New York, a souligné le rôle primordial de la diplomatie culturelle. Et la force du symbole d’une CMG aux abords du siège genevois des Nations unies.

Fédérer les publics et les acteurs culturels

Pour le Canton et la ville, doter le quartier international d’un tel outil élargira et fédérera les publics ainsi que les acteurs culturels des deux rives du Léman. Du côté de la Haute école de musique, dont les locaux insuffisants, vétustes et inadaptés devenaient problématiques, la recherche infructueuse d’une dizaine d’années a enfin trouvé la solution idéale pour ses 520 élèves.

Quant à l’OSR, le Victoria Hall ne répondait plus aux besoins d’un orchestre du XXIe siècle. La salle moderne, la réunion de l’administration, des équipes techniques, des lieux de répétition et de vie engendreront un confort indispensable à la qualité de travail et seront plus attractifs pour les grands chefs et solistes invités. Le prestige de l’institution, le renouvellement et le rajeunissement des publics s’en verront renforcés.

Notre vœu est d’arriver à une Cité de la musique financièrement autoportante, avec aussi des revenus engendrés par les nombreuses activités proposées.

Sans avoir à débourser un sou, les pouvoirs publics ne peuvent que se réjouir. C’est un projet «gagnant-gagnant», sachant qu’un complément de mécénat devrait compléter les 250 millions octroyés par le bailleur privé principal, et qui couvrent 85% du budget global. Les dépassements de budgets seront d’autre part drastiquement contrôlés. De leur côté, les deux utilisateurs principaux de la Cité (OSR et HEM) s’engagent auprès des autorités publiques à rester dans leurs enveloppes respectives.

Comment sera donc défini le coût de fonctionnement et d’entretien du bâtiment? «Il y a encore presque quatre ans pour y réfléchir», déclare Bruno Mégevand. «L’entretien est estimé à une moyenne de 1,5 million par an. Pour le fonctionnement il faudra l’étudier en détail. Les partenaires privés sont très enthousiastes. J’ai même entendu un interlocuteur me dire qu’il faudrait être fou pour ne pas participer à l’aventure. Notre vœu est d’arriver à une Cité de la musique financièrement autoportante, avec aussi des revenus engendrés par les nombreuses activités proposées. Le but est de solliciter le moins possible les pouvoirs publics, voire pas du tout. Sans aucune interférence ou ingérence dans la programmation artistique, bien évidemment.»

Un acte de foi

«L’essentiel reste la musique classique, qui ne disparaîtra que si notre terre meurt», affirme le président de la fondation de la CMG qui savoure l’instant historique. «Ce projet représente un acte de foi. Pour la capacité de l’Homme à s’émouvoir, s’émerveiller et s’élever. Pour la beauté possible du monde. La musique, l’Humain et la beauté, voilà ce qui m’anime. En partageant et agrandissant le cercle. Imaginer une façade Led qui donne sur le parc, avec les familles assistant gratuitement à des concerts assis dans l’herbe, cela me fait rêver. Comme de faire de cette Cité un véritable lieu de vie, animé de jour comme de nuit. Donner le goût du classique, soutenir la formation et susciter l’envie de revenir, voilà ce qui me motive.»


Renseignements:  www.citedelamusique.ch

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