«Comme d’habitude», chantait Claude François dans les boums d’autrefois. Comme d’habitude, Genève s’est fouetté en public et fait mal. Vingt ans après avoir exécuté dans les urnes un projet de Musée d’ethnographie, cinq ans après avoir fait de même avec le rêve de Jean Nouvel pour le Musée d’art et d’histoire, c’est la Cité de la musique qui sombre, via un référendum. Le oui a failli l’emporter, mais le non est une fatalité calviniste: il l’emporte avec 50,84%. L’écart est minime: 840 voix ont fait peser la balance.

A l’annonce des premières estimations, sous le cagnard d’un dimanche fait pour les pique-niques, les instigateurs du projet donnaient le change. Dans la cour de l’Hôtel de Ville, l’avocat Bruno Mégevand encaissait avec élégance. Tout comme son confrère, David Lachat. Qu’ont-ils bien pu faire de faux? se demandaient-ils sans doute. Leur ruche musicale avait des atouts à revendre. Financée entièrement par des fonds privés, elle répondait, avec ses trois salles, dont une philharmonique, et ses studios, à une double nécessité: celle de permettre à l’OSR de jouer dans un espace adapté à un orchestre symphonique; celle d’offrir aux 500 étudiants de la Haute Ecole de musique un cadre de formation digne de ce nom.