Vincent Baudriller dirigera le Théâtre Vidy-Lausanne dès septembre 2013. On ne saurait bouder la bonne nouvelle puisqu’on espérait ce scénario déjà en mai dernier (LT du 04.05.12). Mais, après avoir entendu hier le futur directeur, on sort encore renforcée dans l’idée que Lausanne a eu, une fois de plus, la nomination que Genève va lui envier.

Même s’il vient seul, sans Hortense Archambault avec laquelle il a fait pendant dix ans le succès du Festival d’Avignon, Vincent Baudriller semble n’avoir rien perdu dans cette «séparation professionnelle». A 44 ans, celui qui a d’abord dirigé le festival de théâtre étudiant de Rouen avant d’entrer au Festival d’Avignon en 1992, en qualité d’attaché de production pour le programme Amérique latine, rêve en grand l’avenir de ce théâtre romand.

Très ouvert vers l’extérieur avec un grand volume de coproductions et de tournées loin à l’étranger, son projet n’oublie pas cependant les artistes locaux. On peut lui faire confiance sur ce point: plutôt timide et discret, l’homme aime travailler sur le terrain et n’a pas l’habitude de plastronner.

Il pourrait, pourtant, car à Avignon il tutoie les plus grands. Wajdi Mouawad, Ostermeier, Marthaler, Olivier Py, Simon McBurney, sans oublier Jan Fabre, Josef Nadj, Anne Teresa de Keersmaeker ou encore Alain Plate…. Des artistes qu’on se réjouit de retrouver à Lausanne, dans un lieu qui n’a pas fini d’éblouir.