S'il portait la soutane, on le sacrerait Frère Sourire. Dès qu'il entre en scène, Simon Gerber a des soleils plein la voix. Et son visage espiègle sait des mimiques à faire fondre les blocs erratiques de son Jura natal. Révélation de la chanson programmée en clôture du Festival de la Cité samedi à Lausanne, l'homme chante avec une foi en l'humain qui déplace les montagnes.

Romantiques et chaloupées, ses chansons parlent d'un temps d'avant la mondialisation. D'un temps où l'on avait le temps de goûter à l'instant, aux petits plaisirs du quotidien, loin des brutalités structurées du monde contemporain. Et pour mettre en sons cette nostalgie, le bandonéon de Daniel Perrin et la clarinette basse de Lucien Dubuis déploient des trésors. Complices au milieu desquels la voix fière de Gerber évoque dans son pathos la puissance dramatique d'un Brel. Une conclusion lumineuse pour le festival gratuit dont les organisateurs estiment avoir accru la fréquentation, passant de 100 000 visiteurs en 2002 à 140 000 aujourd'hui.