Le Prix Nobel marque la consécration ultime d’une œuvre littéraire ou scientifique. Le récipiendaire peut ensuite s’endormir sur son brin de laurier ou sortir, comme Bob Dylan, un triple album revisitant les grands succès de Sinatra. Il peut aussi, comme Jacques Dubochet, se saisir de cette gloire soudaine pour tenter d’améliorer le monde. Avec humour et modestie.

Ce 4 octobre 2017, sur la pelouse de Dorigny, face à la meute journalistique, le Prix Nobel de chimie est un tantinet éterti par l’honneur qui vient de lui échoir. On lui demande de résumer son invention en dix secondes. «C’est l’eau froide», répond-il de façon succincte. Bien sûr, son rire de farfadet se fait entendre, mais l’homme ne cache pas son inquiétude: «Ça déstabilise considérablement, ce Prix Nobel. Je n’ai pas encore trouvé l’équilibre.»