C’est une vibration qui vient de loin. Elle évoque les clameurs d’airain sur les berges du fleuve Scamandre, un thrène paléolithique, un muezzin dans les sables du temps… Ces sortilèges émanent de la guitare baryton fretless de Stéphane Blok, un synthétiseur acoustique, un instrument puissant dont le spectre harmonique est susceptible d’induire chez l’auditeur un état de transe.

Cette guitare au manche lisse mène le bal dans Poèmes de la veille. Orchestre à elle seule, elle assure simultanément la basse, la batterie et les percussions (Ecrans), elle vrombit comme un oud ou, avec l’assistance de l’EBow, un petit archet électronique captant la résonance de la corde sans qu’on la touche, siffle comme une flûte japonaise (Intro la nuit). «On joue sur la sympathie de l’instrument lorsqu’il se met en vibration. Si je ne joue qu’une corde, toutes les autres passent en vibration et ça crée une réverb’… Il y a beaucoup de monde», sourit Stéphane Blok.