Wilhelm Furtwängler. Die Salzburger Orchesterkonzerte 1949-1954. Wiener Philharmoniker (Orfeo, 8 CD C409408 L/Musikvertrieb)

An Anniversary Tribute. Berliner Philharmoniker (Deutsche Grammophon, 6 CD 477 006-2/Universal)

Plusieurs concerts publics sont ici pérennisés et conduiront à quelques réflexions. Pour supporter (par exemple dans la 9e de 1951) les toux et les bruits de salle, pour oublier les aigus crissants et les basses bourbeuses, pour passer par-dessus les attaques approximatives et quelques débandades magistrales, il faut bien que quelque chose de miraculeux se produise, cette évidence de la grande arche qui porte l'œuvre de bout en bout. Pour accepter, en notre époque de fidélité aux valeurs métronomiques prescrites, un tempo souvent si lent et surtout si fluctuant, il faut bien que s'impose l'inéluctable impulsion intérieure, qu'une puissance tellurique sous-tende le geste, qu'on attende comme autant de miracles ces moments où se suspend le temps, qu'on se laisse saisir par ce sens de l'improvisation, qui transforme le concert en événement unique. Chez Deutsche Grammophon, voici des bandes de studio ou de concert enregistrées entre 1942 et 1954. On y remarquera la poignante déploration des Métamorphoses de Strauss, des Beethoven crépusculaires, un Bruckner amer, des Brahms où soudain tout s'illumine. Chez Orfeo, voici la quasi-intégralité des concerts salzbourgeois, témoins de l'art du grand chef dans sa dernière période.